Faire le vide dans la ville

Le projet, dissimulé au coeur d’un ilot du centre de bordeaux, est ainsi protégé du bouillonnement de la ville. A l’instar d’un cloître, le passant, le travailleur, peut arrêter le temps et se retrouver seul avec lui-même ou en collectivité pour déambuler, penser, lire, manger, faire à manger, se défouler, dormir, méditer, contempler...

Le projet a été créé par le vide. C’est le vide qui a induit le plein. 

Un travail sur le clair-obscur, un rapport étroit avec le ciel, des contrastes d’échelle, des spatialités dédiées à l’intime et au collectif... des dispositifs inspirés des édifices religieux. 

Projet de fin d’étude

LIEU : Bordeaux, Gambetta

PROGRAMME : Parc minéral en coeur d’îlot, comprenant des nids à siestes, des espaces communs dédiés à la cuisine, des douches, des défouloirs, des espaces de déambulation intimes et collectifs, des pièces à lire

SURFACE : 2300 m2

IMAGES, DESSINS : Sonia Gloess

Illustration des sens et usages 

Architecture des contemplatifs

“Il serait nécessaire de comprendre un jour, et probablement ce jour est-il proche, ce qui manque avant tout à nos grandes villes: des lieux de silence, spacieux et forts étendus, destinés à la nulle rumeur de voitures et de crieurs, et où une bienséance plus subtile interdirait même au prêtre l’oraison à voix haute: des édifices et des jardins qui dans leur ensemble exprimeraient la sublimité de la réflexion et de la vie à l’écart!

Les temps sont révolus où l’Eglise possédait le monopole de la méditation, ou la Vita Contemplativa était toujours en premier lieur Vita religiosa: et tout ce que l’Eglise a construit dans ce genre exprime cette pensée. je ne sais comment nous pourrions bien nous satisfaire de ces édifices même désaffectés de leur destination ecclésiale: ces édifices parlent un langage beaucoup trop pathétique et contraint en temps que maisons de Dieu et en tant que lieux somptueux d’un commerce avec l’au-delà pour que nous autres sans-dieux puissions y penser nos propres pensées.

Notre désir serait de nous voir nous-mêmes traduits dans la pierre et dans la plante, de nous promener au-dedans de nous-mêmes lorsque nous irions de-ci de-là dans ces galeries et dans ces jardins.”

Friedrich Nietzsche, Le gai savoir, 1882.

Nids à sieste

Douches célestes

Déambulatoire

Faire à manger

Pièce à lire

Le vide induit le plein