The place to be

Au départ, le lieu d’intervention est un vide laissé à l’abandon à l’arrière d’une Eglise à Don Benito. Nous avons voulu tirer parti de ce vide pour créer une place publique, différente des places de la ville, toujours très dessinées, figées, et très partitionnées, sur lesquelles il n’est pas possible d’y accueillir des interventions collectives ou bien d’y imaginer des évolutions en fonction des usages et du temps.

 

Nous avons répondu à la densification demandée par le concours en créant un front bâti de logements mixtes (logments étudiants, maisons de retraite, logements collectifs) qui qualifie la place et structure l’espace. Et plutot que de remplir ce grand vide pour densifier, nous avons réalisé un réel travail de couture en travaillant sur les bâtiments existants par des surélévations, extensions, transformations, réorganisation des logements existants ...

 

Nous souhaitions en outre travailler sur l’évolutivité de cette place. Le mobilier urbain a été travaillé dans ce sens. Par exemple, des parasols installés l’été servent de toiture à des kiosques en hiver, un bassin l’été facilement transformable en patinoire l’hiver, ou en scène publique au printemps...   

 

Concours Europan

LIEU : Don Benito, Espagne

PROGRAMME : Construction d’une place, de logements étudiants, de collocations pour personnes âgées et restructuration des logements existants

MAITRISE D'OUVRAGE : Europan

MAITRISE D'OEUVRE : Sonia Gloess + Diane Berg

COUT DES TRAVAUX : NC

SURFACE : NC

Exposition à la maison de la culture de Don Benito

DESSINS, IMAGES, TEXTES : Sonia Gloess+Diane Berg

 

 

 

 

 

 

 

Mars

Quelques doux rayons de soleil réchauffent le sol, les bourgeons éclosent, les couleurs commencent à se multiplier sur la place Santiago.  Les parois souples des cabanons ont rendu leur peau aux hamacs installés devant l’Eglise. 

 

Sous un parasol, Madame De La Fuente a installé un stand de bijoux coquillage, et Victor, plus loin sous un autre parasol, prépare quelques tapas pour les apéros du vendredi soir.

 

 

 

 

 

 

 

Juillet

Ca y est, la place a tout juste un an. Les cafés et restaurants ont investi les RDC des rues Consuelo Torres et Cecilio Gallego. Leurs tables et chaises peuvent s’installer à l’angle de la place.

 

Un panneau indique la construction  imminente d’un immeuble de logements au-dessus de la maison du numéro au 9 de la rue Villanueva. Un peu plus loin, des pelles s’activent dans la dent creuse du 2, rue  Cecilio Gallego….la densification de couture s’amorce, une nouvelle centralité est en train de naître !

 

Octobre

Il est 13 heures, Madame Peres a faim. Avant de partir au travail, elle a pris soin de confectionner de bons piquillos, quelques tranches de lomo grillé, le tout accompagné d’une bonne soupe chaude. Rien de mieux qu’un petit hamac dissimulé derrière de hautes herbes de la place Santiago pour se repêtre en toute tranquillité et se laisser enfin bercer par le chant des oiseaux, le balancement du hamac , le doux balet des dernières feuilles d’automne virevoltant au-dessus du sol et, au fond, le tournoiement des manèges.

 

Ahhh…quel bonheur de pouvoir arrêter le temps un moment…

 

Mai

Le  soleil est radieux, les fleurs  colorent l’espace, les oiseaux nous font partager leurs chants. Ce jour-là, l’artiste et ses amis sont invités à investir la paroi des logements existant à l’angle Sud-est de la place. Les étudiants ont ouvert leurs fenêtres et assistent au spectacle du magique équilibriste espagnol Juan de La Vega. Pour l’occasion, le  bassin champêtre s’est partiellement vidé, laissant place à un petit amphithéâtre à ciel ouvert.  L’ambiance  est vertigineuse, les spectateurs retiennent leur souffle, puis des halos de « bravos !! » jaillissent tout autour de la place et font virevolter les oiseaux, fébriles spectateurs. Quel plaisir intense offre le partage commun d’une même émotion à un instant donné !

 

Janvier

Il fait froid, les arbres dévêtus laissent deviner l’Eglise dans toute son ampleur, majestueuse. Les parasols couvrent les petits cabanons installés pour l’hiver. Echarpes et petits bonnets ont pris le relai sur les vestons de coton. Attirés par l’odeur fumante du vin chaud et des marrons grillés, les badauds sont là,  prêts à découvrir les merveilles façonnées par les artisans du coin.  

 

Août

Les ombres franches qui se projettent sur l’Eglise Santiago laissent présager un soleil chaud et coriace.

Monsieur Sanchez, 88 ans, n’a que quelques pas à faire pour profiter d’un peu de fraicheur et s’installer au bas de l’Eglise Santiago, les pieds dans l’eau, à l’ombre d’un acacia. De là, il peut se laisser aller à la contemplation d’un buffet familial organisé sous les parasols multicolores, ou écouter les rires des enfants jouant avec l’eau des vaporisateurs des mâts. 

 

Ce jour-là, il est prévu de projeter Talon Aiguille, un film de Pedro Almodovar,  sur le mur aveugle des logements de l’angle.